L’intelligence émotionnelle est-elle (enfin) devenue la clé de la réussite en entreprise ?

Cela fait des années que l’on oppose l’intelligence émotionnelle à l’intelligence « classique », bien cartésienne, basée sur des critères mesurables, concrets. Sans vouloir faire un cours d’histoire trop rébarbatif, la valorisation de l’intelligence mathématique et technique remonte à l’époque Napoléonienne. Contrairement à ce que beaucoup pensent, ce n’est pas lui qui a créé la plus prestigieuse école d’ingénieur française, Polytechnique, mais, par contre, c’est lui qui lui a donné son statut militaire et, surtout, sa devise « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire ». Depuis le début de l’ère industriel, le savoir est synonyme de pouvoir. Notez au passage que finalement, pour les amoureux de Molière, ce n’est pas si nouveau finalement.

Savoir est central depuis des siècles. Oui, les sciences et les savoirs académiques tiennent une place centrale, et nous le mesurons grandement actuellement. Sans science, pas de vaccin contre la COVID… aucun débat à ce sujet. Par contre, la question qu’il me semble important de se poser est la suivante : quels sont les savoirs qui permettront les entreprises d’avancer ? Bien entendu, l’innovation technologique, ou non, est une base essentielle de l’entreprise, mais nous prenons conscience que tout ce que nous pensions comme étant acquis n’est absolument rien sans l’humain.

Et oui… quelle utilité d’avoir des chercheurs brillants si ceux-ci font des burnout ? Pourquoi recruter des gens talentueux et techniquement pointus dans leur domaine s’ils démissionnent au bout de quelques mois ? La gestion des ressources humaines retrouve avec cette pandémie ce pour quoi elle a été créée : la gestion de l’humain dans toute sa complexité et, notamment, ses émotions.

L’intelligence émotionnelle, c’est cette intelligence qui permettra aux entreprises et à ses salariés de gérer des situations complexes comme celle par laquelle nous passons. L’intelligence émotionnelle en entreprise, c’est reconnaître, enfin, qu’en entreprise, nous ne sommes ni meilleurs ni pires que dans notre vie privée, nous sommes tout simplement humains. Mais une fois que l’on a dit cela… comment le gère t’on en entreprise ?

1- Accepter les émotions

Et non, nous ne sommes pas des robots, froids et mécaniques. L’intelligence classique nous explique que 1 + 1 = 2. L’intelligence émotionnelle nous explique que 1 plus 1 peut être égal à 2, à 5 ou à 0,5.

Dans une crise telle que celle que nous traversons, prendre conscience, et accepter, que nos émotions peuvent parfois nous paralyser, ou réduire notre productivité, c’est le début de la solution. Parfois, un management trop distant par rapport aux émotions préférera nier celles-ci de peur de ne pas pouvoir les gérer et, en conséquence, plutôt que de les gérer et d’en atténuer les effets, ces émotions vont devenir destructrices.

Imaginer un seul instant que les salariés traversent cette crise sans aucune émotion d’aucune sorte c’est non seulement se voiler la face… mais c’est risqué, pour ne pas dire dangereux. Après le premier confinement, 12 millions de français souffraient de troubles mentaux… pensez-vous vraiment que ces troubles disparaissent une fois que l’on se met à travailler ? Non, bien entendu. L’intelligence émotionnelle, c’est avant toute chose intégrer ce fait.

« J’aime la règle qui corrige l’émotion. J’aime l’émotion qui corrige la règle. » Georges Braque

2- Valoriser les émotions

Dans les années 80, un bon salarié était un salarié sans peur ni reproche. Vous savez, dans le genre « Le loup de Wall Street ». Ce type de salarié était un digne héritage des valeurs éducatives post seconde mondiale du type « un homme, ça pleure pas » et ce genre de sottise.

Lorsque l’on parle des émotions, ce sont souvent les émotions négatives qui nous viennent à l’esprit ; mais n’oublions pas les émotions positives qui ne sont pas toujours valorisées en entreprise voire, pire, sont repoussées.

Célébrer les victoires est important. Célébrer les défaites ou les angoisses ne l’est pas moins. Parler de ce qui va et de ce qui ne va pas et dans les deux cas essayer d’en tirer du positif pour préparer un avenir meilleur, c’est ce que cette période nous apprend.

Oui, certaines personnes ne supportent plus le télétravail à marche forcée… et alors ? Autant en parler avec elles pour essayer de préparer au mieux la période où le télétravail ne sera plus forcé, mais choisi, et pourra participer à leur bien-être.

Il existe des entreprises dans lesquelles des journées de la lose sont organisées une fois par trimestre. Une journée durant laquelle chaque service expose son plus gros échec du trimestre, afin que toutes et tous puisse en apprendre quelque chose.

Cette période nous apprend à être humbles… et plus humain. Mais être humain n’est pas être faible, c’est apprendre de ses échecs, de ses erreurs, de ses émotions afin d’en tirer des leçons.

3- Utiliser les émotions

Et oui, nous ne sommes pas égaux face à cette crise. Être confiné dans 30 mètres carrés ou dans une maison avec jardin n’est pas tout à fait identique. Faire des visios quand on est abonné à la fibre optique ou quand notre débit internet est digne de celui des années 90.

L’intelligence émotionnelle, c’est ce qui va nous permettre de faire preuve d’empathie, de comprendre la situation de l’autre, et ses comportements. Mais cette empathie est difficilement envisageable si nous n’acceptons pas nous même nos émotions, que nous les connaissons et les comprenons. C’est à ce titre que nos émotions ne doivent jamais être refoulée ou craintes. Elles font partie de nous et sont sans aucun doute possible la plus belle chose que nous ayons.

CONCLUSION

Cet article, avant la pandémie n’aurait sans aucun doute possible pas été écrit et lu de la même façon. Ce qui est formidable avec ce que nous avons vécu en 2020 et que nous allons encore vivre pendant quelques mois encore, c’est que le constat est sans appel : l’économie n’est rien sans l’humain ; l’entreprise n’est rien sans ses salariés, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie. Chaque maillon de la chaine est absolument fondamental.

Pendant le premier confinement, nous avons réalisé que la personne la plus importante de la chaîne de supermarché où nous allions faire nos courses n’était pas le PDG, mais bien l’agent de caisse qui venait travailler à une époque où il n’y avait même pas de masque, à une époque où nous ne connaissions rien de ce virus.

Nos émotions sont fondamentales car non seulement elles nous font sentir humain, mais elles nous permettent d’améliorer notre relation à l’autre en comprenant les siennes. Aucune émotion n’est plus importante qu’une autre, aucune émotion n’a aucune importance. L’intelligence émotionnelle, c’est de comprendre cela.

L’entreprise de demain ne pourra fonctionner sans prendre en compte ce qui n’est pas un profond changement dans notre nature humaine… juste une prise en considération d’une évidence : nous sommes humains !

Et si vous souhaitez connaitre votre Quotient Émotionnel, vous pouvez faire ce test offert par le magazine Psychologie.

Gaël Chatelain-Berry

Pour aller plus loin :

Comment gérer ses émotions ?

5 techniques pour ne plus laisser vos émotions ou le stress vous envahir

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