Le management bienveillant en une phrase

J’ai beaucoup écrit sur le management par la bienveillance depuis plus de quatre ans maintenant. Que ce soit dans mes livres, mes articles ou mes conférences, j’essaye de prêcher ce que je pense être « la bonne parole ».
Cependant, je lis de plus en plus de choses à ce sujet. Je crois que le stade où certaines personnes disaient qu’il ne s’agissait que d’une mode est derrière nous. Par contre, comme toute tendance de fond, que ce soit en RH, en développement personnel ou en marketing, quand un concept qui semble simple commence à s’imposer, des théoriciens vont s’emparer de celui-ci et essayer de le rendre complexe.


Sous couvert de mots compliqués, un concept simple va devenir incompréhensible : mots nouveaux (souvent des anglicismes), phrases alambiquées, concepts plus ou moins fumeux. Et oui, pour justifier que l’on débarque sur un sujet, il faut sembler être « plus intelligent » que la théorie précédente.

« La simplicité est l’habit de la perfection » Wladimir Wolf-Gozin

Cela étant dit, je pense que ces sujets, c’est comme la musique : plus c’est simple, plus c’est efficace. La musique ????? Et oui, prenez une chanson des Beatles, qu’elle soit interprétée avec un simple piano et une voix ou avec un orchestre symphonique, la force de la mélodie restera la même. Il en va de même avec le management par la bienveillance.
Plus je travaille sur ce sujet, Plus je trouve ce sujet simple. Et j’en suis arrivé à résumer ce concept à une seule phrase :
Si vous voulez être un manager bienveillant, ne faite jamais à un membre de votre équipe quelque chose que vous n’aimeriez pas que votre boss vous fasse.


Réfléchissez bien à cette phrase. Simple et très vraie quel que soit le sujet que l’on peut aborder quand il s’agit de management bienveillant. Pour vous en convaincre, faisons une petite liste rapide :
=> aimez-vous que votre boss vous hurle dessus si vous avez fait une erreur ?
=> appréciez-vous que votre boss ne vous fasse jamais aucun feedback ?
=> aimez-vous quand votre boss arrive systématiquement en retard aux réunions qu’il/elle a avec vous ?
=> trouvez-vous cela agréable quand votre manager regarde son smartphone pendant que vous parlez en réunion ?
=> aimez-vous recevoir un email de la part de votre boss alors que vous n’êtes plus au travail ?
=> trouvez-vous cela professionnel que votre manager soit en permanence en réunion et que vous ne puissiez jamais le/la voir ?


Je pourrais continuer la liste encore bien longtemps mais j’imagine que vous avez compris le principe. Le problème est que, bien souvent, lorsque l’on devient manager, nous reproduisons des comportements que nos anciens managers avaient. Cela est particulièrement vrai pour les réunions en grand nombre et les emails en quantité industrielle. Le problème est qu’en faisant de la sorte, le management d’aujourd’hui ressemblera en tout point à celui d’hier.


L’exercice est tout simple pour tous les managers : essayez de vous rappeler ce que vous pensiez de votre manager lorsque vous avez commencé à travailler, ou de votre n+2. Ce sont ces souvenirs qui vous serviront de base pour devenir un véritable manager bienveillant. Quelque chose m’est revenu en mémoire il n’y a pas si longtemps que cela. Quand j’ai commencé à travaillé, j’étais persuadé que mon manager ne faisait pas grand chose pendant que moi, j’étais sur le terrain, les mains dans la boue.
Aujourd’hui, je sais que ce n’était sans aucun doute possible pas le cas. Il devait travailler mais il n’a jamais pris le temps d’expliquer à ses équipes en quoi consistait son métier. En tant que manager, lorsque j’étais en entreprise, je prenais toujours le temps d’expliquer à mes équipes en quoi consistait mon métier car il est insupportable de donner toute son énergie pour quelqu’un que l’on imagine n’en donner aucune.

Conclusion

Vous voyez, le management bienveillant, c’est tout simple, non ? Croyez-moi, dans les mois et les années à venir, vous allez voir apparaître un grand nombre de théories complexes qui, au final ne serviront qu’à vendre des livres. Je sais, écrivant moi même des livres, je suis mal placé pour dire cela mais, pour être honnête, contrairement à beaucoup de ces écrivains théoriciens, j’ai été manager pendant plus de 20 ans et je me moque totalement du nombre de livres que je peux vendre. Le jour où je n’en vendrai plus aucun, cela voudra dire que le monde de l’entreprise a véritablement changé et cela sera une formidable, excellente nouvelle.

Et vous, quel est le pire souvenir que vous ayez d’un manager ?


Gaël Chatelain-Berry

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